vendredi 18 janvier 2008

New Job, New Life

Here I am, specialized in recruitement :


Jean Bauche  : le spécialiste SAP - wideo
Jean Bauche : le spécialiste SAP - wideo

My desk :






lundi 29 octobre 2007

Vrais surfeurs mediterranéens

Pour appuyer mes dires, voici la preuve vivante que Pierre (mon colloc) et moi sommes 100 % surfeurs...

Pierre au cœur de la vague :


A mon tour, attention vague d'au moins 5 mètres...



On dirait Laird Hamilton n'est-ce pas ?


Voici Laird et Kelly à nouveau réunis :


Forcément, ça donne le sourire d'être passé Pro.


Sur une série de 3 vagues, Laird choisi la seconde pour sa puissance et son envergure

Dieu du surf


Dieu du surf
Vidéo envoyée par zerty
Bon alors voila, après avoir été étudiant, j'ai décidé de devenir surfeur professionnel, enfin, avec mon colloc on a une planche de bodyboard, un tee-shirt Tribord et des mini palmes et donc bah on se prend pour les Dieux du Surf ... à Barcelona ;-)
Bref, voici la vidéo d'un vrai malade lors d'un Ouragan, lui surf la vague au lieu de prendre ses jambes à son pied, il déchire, il est donc devenu mon idole perso...

samedi 29 septembre 2007

More than just housemates...

Ici à Barcelone tout va bien, pas trop de cours, playa, sport, bonne bouffe et des collocs sympa, je dirais même plus une vrai petite famille, et qui dit famille dit pas d´inceste donc même si Pierre et moi sommes deux daleux, et que nous avons la chance d'avoir 2 jolies "sœurs sur 3"... pas touche :

Julie, Belge de 22ans et Pierre, 24 ans, d'Agen


Corina, 24 ans, Allemande


Lola, 28 ans, d'Andalousie

jeudi 30 août 2007

Dublin Vs Barcelona

Je viens de passer un été à Dublin (Irlande) qui avait un, trop prononcé, goût d’hiver. Je taffais dans un petit magasin de bonbon ou je travaillais déjà à demi temps lorsque j´étudiais au Dublin Institute of Technologie. L’idée était de profiter du salaire minimum d’Irlande pour revenir blindé en Espagne mais au final j’ai pas taffé autant d´heure que j’aurais voulu (20h/semaine en moyenne) donc bah c’est raté.

Il a plu sans mentir tous les jours (je suis rester un 1,5 mois) à intervalle régulier, c’était horrible. J’ai quand même passé de bon moment, premièrement car j’ai revu mon pote Mike (pote d’enfance) que je n’avais pas vu depuis plus d´1 an et deuxièmement car a force de boire dans les Pubs, bah on finit toujours par avoir des soirées sympa.

J’ai vécu avec Cindy et Mike et j’ai eu l’occasion de revoir Vincent (premier colloc dans ma vie de voyageur) et de faire connaissance avec des français bien cool, Poulette, Bruno, Mathias, Amine, Lydie… Il y a eu aussi quelques fille mais on se taira à ce sujet tant il est éphémère…

Après avoir passé une nuit blanche au CZECH IN et COPPER FACE avec slovaques et français, j’ai un conseil à vous donner : faire sa valise bourré à 7h du mat c’est une expérience que je déconseille a tous le monde.

Me voici de retour à Barcelone ou le soleil est parfait. Je viens de retrouvé mes anciens colocataires, Xavi et Caro (boliviens) mais je ne peux pas rester vivre avec eux car ils y a déjà quelqu’un dans ce qui me servait de chambre à l’époque (ridiculeusement petite). Donc hier avec une nuit blanche dans les pattes et une gueule de bois dont je me souviendrai, j’ai été visiter 2 appart, et le second fût le bon. La chambre n’est pas une chambre mais un placard mais l’appart est sympa et espagnol, français, belge et allemand occupe les lieux donc ça devrait le faire. Donc voila je suis content comme tout, j’ai eu un toit après 3 heures dans le pays (record battu), je reprends les cours lundi qui vient (3 Septembre), le soleil bat son plein et la bouffe est toujours aussi délicieuse en Espagne !!!

dimanche 29 juillet 2007

On the Cinema

Bon, j'viens d'allé voir le très attendu THE SIMPSONS THE MOVIE, fidèle à la série, donc cool, mais ça vaut peut être pas la peine de payer 10 € dans un Gaumont pour voir un dessin animé 2D que vous apprécierez tout autant sur n'importe quel bon écran (j'ai pas dit qu'il fallait foncer sur vos eMule, LimeWire, BitTorrents et autre Peer to Peer... C'est dingue ces gens qui ne respecte plus les Copyrights de nos jours...).

Quant à TRANSFORMERS, lui, vaut la peine d'être vu au Ciné car les effets spéciaux en jettent un max et même si l'histoire, qui n'est pas à coucher dehors, ne raflera un oscar, je pense sincèrement que le film se laisse regarder. Attention les filles, c’est un film d’action, l’histoire d’amour entre le gros camion et la p’tite voiture de Oui-Oui c’est pas dans ce film. Michael Bay pour ceux qui n’aurait jamais entendu parlé de lui, c’est un producteur qui a également dirigé auparavant Massacre à la tronçonneuse, Pearl Harbor, Armaguedon, Bad Boy et The Island (que je recommande fortement).

Pour voir ma sélection de film et leur note respective, cliquez ici href="http://www.imdb.com/mymovies/list?l=17792600"

samedi 7 juillet 2007

Mariage Bouba



Le 07.07.2007, une jolie fille désormais Femme disait "OUI" à un BoGoss nommé Mehdi... Ce fut avec plaisir que je fus invité et que je revis quelques amies de longue date (7 ans pour être exact). Ne chercher pas de garçons sur les photos, à l’époque en BEP Sanitaire & Sociale, ils ne courraient pas les couloirs du Lycée des Cordeliers d’Arcis/Aube (150 filles pour 5 garçons). Après un bref passage à l’église (à mon plus grand plaisir), un vin d’honneur somptueux (alcool = somptueux à mes yeux) et un repas sans faille, si ce n’est la bataille de crème au chocolat (cf. photos), j’ai finit rincé comme un queue de pelle –elle sort d’où cette expression a 2 balles- sur la banquette arrière d’une Fiat Tipo. Pour résumer, un très beau mariage où nous nous sommes bien amusé… Encore merci pour cette jolie célébration !!!

PS: Si vous voulez recuperer toutes les photos voici le lien http://picasaweb.google.fr/seb.nicolas

jeudi 14 juin 2007

So long New York...

Après 3 mois passé ici, me voici à 2 semaines de la fin de mon stage et 3 de la fin du séjour à New York (retour en France le 3 juillet). Bizarrement, je ne me sens pas mal à l'idée de partir. Je pense qu'une partie de l'explication peut se trouver dans le fait que je vais revoir mes amis en région parisienne et des anciennes camarades de classes (oui j'étais le seul mec en BEP Sanitaire & Sociale) d'il y a 7 ans lors du mariage d'une entre elles à Romilly/Seine, Barbara pour ne pas la citer. Je repartirai le 18 juillet pour la première ville à m'avoir montré le chemin de l'aventure ''abroad'', Dublin et ce, jusqu'à la fin du mois d'août avant d'aller finir mes cours à Barcelone en Septembre. J'viens de choper la crève à cause de ses abrutis qui mettent la climatisation beaucoup trop forte dans le métro et les magasins (voir article Chaud-froid sur le blog de mon pote Chrisanewyork dans les liens sur la droite de cette page). Il n'y a vraiment pas de milieu aux Etats-Unis. Ou tu es un gangster ou tu es super croyant, ou tu as un caniche miniature (auquel tu fous des chaussures pour chiens) ou un Dog de Bordeaux qui pèse plus lourd que son propre maître, ou tu es à fond dans le sport ou tu pèse facilement un quintal, où tu fais un max de tune dans la finance ou tu ramasses les cannettes dans les poubelles pour les revendre au poids… Bon, je l'admets, j'exagère complètement car je viens de choper la crève en Juin et se me soul. J'suis français donc ronchon et j'gueule tout le temps et alors…?!

vendredi 1 juin 2007

Photos New York

Le mec tatoué, il s’appel Lucky, c’est le colloc américain de mon pote français, Christophe, avec qui je taff (il est sur la photo au stade de Baseball des Mets). ‘‘Chanceux’’ est un fondu des années 50.
L’écureuil c’est l’un des centaines qui jonchent Central Park. Il faut s’avoir qu’ici les écureuils c’est un peu comme l’équivalent de nos pigeons parisiens, ils sont tout sauf sauvage.
Le couché de soleil du Wahsington Brigde (Pont au Nord-Ouest de Manhattan), c’est celui d’un vendredi soir sur un RoofTop (toit d’un immeuble) où les américains raffolent des fêtes (party) où bières, vins, fromages et…. Crakers (oui ils ont encore un peu de mal avec le pain.J) s’entremêlent pour élever la fête à son plus au point.
L’hamburger et le taxi jaune : sans commentaires. La vue aérienne vient de la chambre d’un hôtel ‘‘LE MARRIOTT’’ assez huppé avec des ascenseurs dignent du film de Luc Besson ‘‘The Fith Element’’.
Le mec en slip surnommé ‘‘The Naked CowBoy’’ sur Time Square a une si forte réputation qu’il figure dans tous les bon guides de New York.
La seule fille de ce diaporama est Fanny, une française stagiaire à la Mission Economique tout comme moi. Une grosse pipelette forte sympathique.

Best Cocktail Recipe Ever

STRAWBERRY COCKTAIL


v 1 cup Granulated Sugar
v 1 whole Vanilla Bean (halfed & scraped)
v 5 stalks Rhubarb: 4 coarsely chopped / 1 cut into ¾ inch slices
v 1 pint Strawberries (hulled & halfed)
v 4 oz Brandy
v 1 bottle Sparkling Rosé
v 1 cup Red Wine
v 1 tbls Superfine Sugar
v 2 limes Juiced

In a saucepan, combine granulated sugar, 1 cup water, and the vanilla bean. Simmer until sugar dissolves, turn off heat, and add chopped rhubarb. Cover for 5 minutes. Break up rhubarb with a spoon and set asides for 30 minutes, then strain.
Crush 12 berries into the brandy in a bowl; let sit for 30 minutes. Strain. Combine brandy mixture, rosé, red wine, superfine sugar, lime juice, and the rhubarb syrup in a pitcher, and stir in rhubarb slices and rest of strawberries.
Serves 6.

samedi 12 mai 2007

Photos Floride


J’ai dût me rendre à Orlando en Floride (Sud-Est des EU) pour un salon sur la logistique (beurk) qui avait lieux un lundi. J’en ai donc profité pour arrivé le samedi matin et là haaaa, bougre, la Floride c’est comme la pluparts des Etats américains, sans voiture, tu n’es rien. Donc au final, j’ai passé mon WE à l’auberge (petite maisonnette blanche et verte) où heureusement il y avant une piscine et j’ai fait la connaissance d’anglais (photo Noir&Blanc et… Bleu). Andrea, la jeune femme avec qui je travail et qui me fait beaucoup penser à ma mère (photo Sépia) m’a rejoins le dimanche soir. Nous sommes allé au ‘‘DownTown Disney’’, l’équivalent de notre Disney Village. Ensuite avons passé la nuit dans un superbe Hôtel Disney ce qui marquait une nette différence (voir les photos de la chambre).

samedi 5 mai 2007

Bill Maher on the French

Si vous comprenez l'anglais, Regardez cette vidéo. Lisez ensuite la mini biographie de Bill Maher (personnage de la vidéo) pour en savoir un peu plus sur lui.

http://www.youtube.com/watch?v=1Ic4xgOERgk


Bill Maher est né à New-York City. Durant ses études au collège, Maher se frotte au stand-up, à New-York, dans le club fameux "Catch a Rising Star".

Il y fit rapidement des apparitions très drôles et donc très remarquées. Mais Maher ne supportera pas longtemps les règles strictes du Show. Les textes des comédiens étaient contrôlés dans les moindres détails, les propos politiques étaient adoucis pour rester inoffensifs, et les invités du show répétaient complètement avec le staff leurs interventions, même les vacheries. Bill Maher a vite eu envie de quelque chose de plus spontané.

En 1993, Maher trouvera son style. Ca sera "Politically Incorrect" sur Comedy Central. un talk show où Maher et ses invités, de tous horizons, évoquent les sujets politiques du jour avec humour et beaucoup de liberté. L'émission passera de Comedy Central sur ABC en 1997 et dopera évidemment son audience.

L'émission disparaîtra pourtant en 2002. Un dommage collatéral de l'après 11 septembre 2001 en quelque sorte. Directement après la catastrophe, chaque américain était supposé penser que les terroristes étaient des lâches haïssant les libertés américaines. Or six jours à peine après le drame, Maher et Dinesh D'Souza, un indien ultra conservateur ont eu cette conversation pendant le show.

D'Souza

Bill, il y a une chose que je voudrais mentionner. Même si je trouve que Bush a fait du bon boulot jusqu'ici. Il à un thème que j'entends tout le temps c'est que ceux qui ont fait ça étaient des lâches.

Maher

Ce n'est pas vrai

D'Souza

Effectivement. Pensez à ce qu'ils ont fait. Vous avez là un groupe de gars qui vont donner leur vie. Pas un d'entre eux ne fera marche arrière. Et tous se sont littéralement fait sauter pour leurs idéaux.

Maher

Absolument

D'Souza

Ce sont des guerriers. Et c'est à nous de réaliser que notre façon de vivre est en conflit avec des gens dans le monde. Je veux bien que l'on cherche toutes les explications sociologiques ou autres, mais on ne doit pas pour autant blâmer les victimes. Les américains ne devraient pas se blâmer eux-mêmes parce que d'autres gens veulent les bombarder.

Maher

Et à la fois, ils pourraient... Nous sommes des lâches en envoyant des missiles à 2000 miles de distance. Ça c'est de la lâcheté. Rester dans un avion qui va se crasher dans un building, on peut dire ce qu'on veut, ça n'est pas de la lâcheté. Vous avez raison.


Les réactions ne se feront pas attendre. Les annonceurs enlèveront leurs pubs de l'émission, 17 stations d'ABC cesseront de retransmettre le show qui commencera à perdre de l'argent. Maher fera quelques excuses d'usage.

Depuis plusieurs années, il sévit à nouveau sur la chaîne HBO avec Real Time où plus que jamais il parle en toute liberté. Il est controversé en raison de ses déclarations antichrétiennes et anticatholiques.

vendredi 27 avril 2007

Photos New York

Cette jolie fille c'est Mary Kathryn, 24 ans, du Mississippi, elle habite a 3 blocks de chez moi. MK travaille dans l'organisation des Shows sur Broadway.
La Plage c'est celle de Coney Island, on peut y accéder en Metro (50 minutes environs). Avec son Board Walk (planches de bois) et sa fête foraine c'est très kitch mais bien sympa.
C’est espace tout blanc, c’est Central Park enneigé.
Le site qu’on dirait en construction, c’est ‘‘Ground 0’’, autrement dit là où un certain Oussama à envoyer se crasher deux gros navions. La statue qui se voit de loin est un certain cadeau français aux américains (La Statue de la Liberté ou un truc comme ça…lol).
Du métro New Yorkais, en passant par les deux gardes armés jusqu’aux dents pour arrivé à une vue imprenable de Manhattan (photo prise en Haut de l’Empire State Building), voici un petit aperçue de l’île.

mardi 10 avril 2007

Comment sortir avec une américaine

En arrivant aux Etats-Unis en général ou à New York en particulier, en tant qu’étranger nous devons nous adapter aux us et coutumes locales. Certaines ne sont pas si évidentes et le « Frenchy en couple » a beaucoup de mal à comprendre ce que le « Frenchy célibataire » va expérimenter: le « dating » ou méthode américaine pour attirer une jeune femme dans son lit.

Très vite, notre petit français va comprendre que « dater » c’est passer la soirée en charmante compagnie. Il va donc s’empresser (après tout c’est un homme c’est normal) de se trouver une « date ». Et c’est malheureusement peut être le plus facile ici a Manhattan. La New Yorkaise (même stressée) est de nature très ouverte.

Debout au bar avec une ou quelques amies, elle va jeter a quelques hommes dans la salle des regards très expressifs, et vraiment pas très discrètement comparé à nos compatriotes françaises qui excellent dans le « je regarde mais ça se voit pas ». Intéressé, surpris et curieux, ce regard va trouver une réponse immédiate de notre apprenti séducteur aux US : « euh, moi ??!! Vraiment, euh ».

Finalement il s’approche (timidement, mais ça lui donne du charme un peu à la je ne fais pas ça tous les jours) et lui dit « Hi, my name is Olivier, Christophe, Sebastien ou meme Francois», « Hi (avec un grand sourire), my name is Jenny, are you french ? »

Voila, notre ami a ce qu’on appelle ici « an edge ». En d’autres termes il a l’avantage et a un sujet de discutions tout trouvé. Il suffit ensuite de poser des questions, s’intéresser a elle (toutes les femmes aiment ça) et elle appréciera. Dans la suite logique l’obtention du numéro de téléphone et quasi un jeu d’enfant car il suffit de dire « what is your phone number ? ».

Les bonnes choses vont avoir tendance à s’arrêter la. Il est possible qu’il puisse passer la nuit avec mais pour les besoins de l’article on va dire que non (le plus souvent des cas).

Le coup de fil de lendemain qui ne doit pas être le lendemain, enfin ça dépend !
Il y a une règle que toutes les femmes connaissent ici et maintenant tous les hommes :

- Tel le lendemain veut dire que tu veux coucher avec elle et c’est tout.
- Tel le surlendemain que tu es intéressé par un LTR (long term relationship)
- Tel le 3eme jour, que tu veux simplement être ami.

Conclusion : appeler le 2eme jour !
En fait avec le 2ème jour peu de chances de se tromper car si elle avait voulu la 1ere solution elle serait rentrée avec toi la veille nigaud! Et si elle préférait le 3eme c’est foutu alors t’occupe !

Apprendre aux États-Unis coûte cher, apprendre le « dating » pas moins !
Surtout a New York ou il ne vous viendrait pas a l’idée d’emmener mademoiselle dans un resto indien à $10 (je dis ca car ils sont dans les moins chers de la ville, notamment Rupali 1ere Avenue entre 5 et 6) mais plutôt dans un endroit bien à la mode. Et c’est dans sa nature à notre frenchy de faire les choses bien. Alors pour plaire à la demoiselle il va mettre la main au portefeuille.

Il invite donc notre heureuse élue à un dîner romantique le vendredi ou samedi soir (le jour ou elle est libre).

Comptons : Il passe la prendre en taxi de chez lui (gentleman) ($10) puis vont au resto en taxi ($10), il offre un verre ($20) au bar en attendant. Ensuite délicieux repas avec vin ($100 + tip = $120). Gentille soirée à $160 et on n’est pas encore rentre chez soit mais attention regardons d’abord comment ça c’est passe avant d’aller plus loin…?

Là, son edge il l’a plus vraiment et va falloir assurer (car il veut comme tout le monde arriver à ses fins). Imaginez le notre frenchy en tête à tête avec cette charmante New Yorkaise. Et comme ça fait pas longtemps qu’il vient d’arriver il ne la connait pas encore la New Yorkaise, mais il va vite apprendre.

Il va apprendre que la jeune file de l’UES (Upper East Side) est très différente de la jeune fille de l’EV (East Village) ou de Chelsea. Il va apprendre que la New Yorkaise est là pour réussir et (potentiellement) se trouver le mari idéal. Elle en veut la New Yorkaise, et elle en veut beaucoup…

Le dîner va vite se transformer en examen d’entrée à Polytechnique. Il faut être brillant, être cultivé en peinture (car elle adore aller au musée et a vue toutes les dernières expos), en littérature (qui connaît les titres des classiques en anglais ?), être sportif (gym combien de fois par semaine ?), voyager (même si on a que 2 semaines de vacances par an) et surtout être « finanically secure », avoir un travail stable et gagner beaucoup d’argent.

Apres la douche froide de la question « tu gagnes combien ? », la discussion en anglais sur guerre et paix (eh oui quand même) y’a bien une dizaine d’années s’avère des plus difficile ! De plus, la demoiselle doit passer du bon temps et faut donc être funny ! Les New Yorkaise sont stressées mais la, il faut bien avouer, notre petit frenchy il atteint des sommets !

Bien souvent une bise après le dîner clôturera la soirée et la demoiselle prendra un taxi pour rentrer chez elle. On se rend vite compte si le courant est passé ou pas. Si ça ne s’est pas trop mal passé il est de coutume d’embrasser la miss (et oui) avant le taxi et (si le coeur vous en dit) de la rappeler (avec plus ou moins de succès). Si elle veut que vous l’accompagniez elle vous le dira, l’américaine sait ce qu’elle veut !

Bilan, si notre héros est un vrai gentleman, soirée a $170 pour rentrer chez soi… tout seul ! Mais il ne va pas en rester la, après de multiples essais et en avoir discuté et rediscuté avec ses compatriotes, le frenchy va apprendre l’américaine. Il va comprendre ce qu’elle veut, comprendre comment elle fonctionne. Et surtout comprendre les règles subtiles du « dating » à force d’essayer.

« Dater » c’est quoi ? C’est 2 personnes intéressées qui se rencontrent pour passer un moment ensemble avec potentiellement du sexe après. Pour une New Yorkaise, ce n’est vraiment pas un souci de sortir avec plusieurs mec (et de les embrasser) dans la même semaine. C’est comme des échantillons qu’elles utiliseraient.
Les garçons sont donc constamment en compétition les uns les autres... Ce qui n’est pas cool du tout comme sentiment.

Apprendre à connaître l’américaine :

* Il faut être confiant et oser (elles sont toutes prêtes à essayer tout au moins une fois).
* Il faut savoir éviter les sujets parfois délicats comme l’argent et communiquer une assurance certaine et une ambition démesurée qui multipliera votre salaire à force de beaucoup de travail.
* Il faut lui parler d’elle car elle aime ça et la faire rêver sur les endroits ou vous pourriez aller en WE (avec votre argent à vous).
* Et bien sur qu’un jour vous voulez des enfants (quand vous aurez trouvé leur mère !)
* Et tempérez le tout dans un sens ou dans l’autre suivant le quartier ou elle habite.

En règle générale l’américaine battante et travailleuse acharnée, égale de l’homme dans tout ce qu’elle fait, est à la recherche de son chevalier prince charmant. Soyez ce chevalier des temps modernes qui comme au moyen âge choisi sa belle, la prend en lui amenant sur un plateau le titre de dame du château. Elle a besoin d’une épaule d’homme pour se reposer.

Voici quelques règles (+ ou – stupide) du dating à l’américaine (en anglais)

1
Step One
Don't cut or color your hair at the beginning of a relationship. Your new love interest might be nice about it, but he won't like it.
2
Step Two
Wear whatever you want - just wear it well. Don't try to squeeze your size 10 body into a size 2 dress. Be proud of who you are.
3
Step Three
Say what you mean. Subtle hints are scary and are often misinterpreted.
4
Step Four
Remember, your date can't read your mind.
5
Step Five
Find out who does the laundry. If a guy's old girlfriend or his mom is sorting his socks, you'll know he's not ready for a relationship.
6
Step Six
Don't be too available. Men are hunters, remember?
7
Step Seven
Don't talk about your ex, reveal your deepest darkest secrets, complain a lot, or interrupt - and don't tolerate that kind of behavior from your dates.
8
Step Eight
Be yourself. No bragging, no lying - you'll get busted sooner or later.
9
Step Nine
Tell your date what you like about him. Stroke that ego a little, will ya?
10
Step Ten
Be considerate ' for example, call if you'll be late. Expect the same from your date. And if he doesn't deliver, get rid of him. You deserve better.
Tips & Warnings
• Don't drink too much on a date. Of course, you're nervous - but you're also sloppy and talk too much when you do that.

mercredi 4 avril 2007

Une bonne critique des US y a rien de telle...

Du Mythe à la Réalité des Différences Culturelles
Qui n’a pas rêvé de faire un long voyage ou de venir vivre aux Etats-Unis au moins une fois dans sa vie? Vu de l’autre côté de l’Atlantique, ce pays quinze fois plus grand que la France attire, fascine, et mystifie. Qu’on le veuille ou non, que l’on aime ou que l’on aime pas, il est difficile de rester indifférent à l’égard des Etats-Unis.
Outre les symboles de la société de consommation typiquement “made in the US” tels Coca-Cola, MacDonald, IBM, Levis et autres Disney, les Etats-Unis sont le temple du rock and roll, de la country music, des hamburgers et de la production cinématographique: Hollywood a fait et fera rêver plus d’un producteur de film français. La popularité de sports purement américains tels le baseball ou le football n’a d’égal sur aucun autre continent et Michael Jordan a propulsé le basket ball au rang de sport spectacle où l’adresse rivalise avec la magie. Toutes ces images et bien d’autres contribuent à la formation du mythe américain et constituent notre vision d’un pays jeune et dynamique où tout peut arriver, tant les possibilités sont immenses, pour ne pas dire infinies.

Une fois arrivé aux USA, une fois les valises déposées et les premières semaines écoulées, les réalités de la vie quotidienne peuvent sembler bien différentes. Les contrastes entre riches et pauvres sont inévitables, les disparités sociales sont criantes, et les laissés pour compte ternissent l’image. Les relations entre groupes ethniques ne sont pas aussi harmonieuses qu’on aurait aimé nous le faire croire et le mythe en prend un sérieux coup au passage. L’image d’un monde presque parfait (it’s a wonderful world!) où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, véhiculé par Disney et autres publicistes vendeurs d’idéal et de plaisir, semble parfois bien loin du vécu de tous les jours.

Avec les amis américains, l’accueil chaleureux et les relations de voisinage très conviviales paraîssent parfois un peu trop beaux pour etre vrai. Il y a souvent un match de baseball après la “dinner party” ou une actitvité quelconque qui nous empêche d’approndir cette relation et nous gâche quelque peu le paysage. Les femmes sortant du travail portent des chausssures de sport avec leur tailleur--quelle bizarerie!--, les enfants sont parfois vénéres comme des idoles et on leur octroie toutes sortes de libertés impensables en France où la priorité est avant tout de leur inculquer les bonnes manières et un semblant d’éducation.

Tout cela crée un sentiment curieux que quelque part, quelque chose ne tourne pas rond. Ou ne tourne pas de la même facon qu’en France, pour sur.

Que se passe t-il? Avons nous été lésés par les images médiatisées dont nous nous sommes imbibés ou plus simplement victimes de quelques belles illusions parfois si trompeuses? Ni l’un ni l’autre à vrai dire. Il s’agit plutôt d’une approche partielle de la culture américaine de notre part, sans réellement comprendre les implications précises de certaines valeurs ou croyances de base sur le comportement des gens. La culture est un vaste domaine et il est important de préciser ce que l’on entend par ce mot si souvent utilisé.

Dans le cadre de relations interculturelles, on définit généralement la culture en se servant de la métaphore de l'iceberg. Les 10% qui dépassent la surface de la mer cachent les 90% restant. La partie visible de la culture (culture objective), facilement observable et accessible à tous, comprend des éléments tels que la musique, le cinéma, le sport, la cuisine, les traditions--tout ce qui nous dépayse agréablement et nous cultive par la même occasion. C’est ce qui influence notre impression concernant un autre pays et tous les éléments et symboles américains cités plus haut entrent dans ce cadre. Ils constituent des points de repère presque incontournables et sont à l’origine de nombreux stéréotypes ou idées reçues.

La partie invisible de l’iceberg (culture subjective) devient apparente lorsque nous voyageons longuement ou habitons dans un pays étranger. Nous nous heurtons alors à des éléments différents en termes de valeurs de base, de croyances, de présomptions (assumptions), de notions de moralité et, de façon plus générale, de règles plus ou moins évidentes pour tout ce qui se fait et ne se fait pas. Travailler ou voyager à l’étranger nous permet par la même occasion d’explorer et de mieux comprendre notre propre iceberg.

De façon générale, cet iceberg se construit au fur et à mesure de notre processus de socialisation et son contenu conditionne inconsciemment notre comportement, notre facon de penser et de voir les choses. Chacun de nous possède ainsi son propre iceberg résultant essentiellement de son éducation familiale et scolaire, des gens qu’il côtoie régulièrement et de l’influence des règles propres à la société dans laquelle il évolue. Notre iceberg est donc influencé par les cultures nationale, familiale, sociale et professionelle--entre autres--auxquelles nous sommes exposés.

L’exemple suivant est révélateur de différences se situant à un niveau socio-culturel profond.

Sociabilité américaine
De retour de Californie à la fin du mois de Mars, je fus amené à prendre une navette entre l’aéroport et mon lieu de résidence. Se trouvaient dans ce bus une majorité d’Americains, quelques Asiatiques et un petit nombre de Français. Avant même que nous ne soyons montés dans le bus, deux ou trois femmes américaines--sans aucun lien entre elles--commencèrent à discuter et à échanger leurs expériences. Peu après le départ, nous étions déjà au courant de la semaine que l’une d’elles avait passée à Santa Fe pour participer à un atelier de peinture. Une autre nous appris qu’elle se rendait à un séminaire pour instituteurs près de Princeton. Une troisième nous raconta son périple entre Toronto, l’aéroport de JFK et celui de Newark. Bien que nous--autres passagers en majorité internationaux--n’étions en aucun cas impliqués dans la conversation, il était quasiment impossible de l’ignorer, tant le ton etait haut et fort. Les Asiatiques, quant à eux, discutaient tranquillement dans leur coin et les Français somnolaient ou regardaient par la fenêtre. Lorsque la première de ces femmes américaines nous quitta, elle lança un double “Good bye everybody” qui ne reçut d’écho que de deux ou trois personnes.

Cette scène si typiquement américaine où des “étrangers” (strangers) s’assemblent pour quelques instants et échangent rapidement des informations concernant leurs activités privées est difficile à imaginer en Asie ou dans bien d’autres pays d’Europe non méditerranéenne. Elle constitue pourtant une norme sociale ou règle non-écrite aux Etats-Unis, norme selon laquelle il est important de converser afin d’apparaître sociable, sympathique et ouvert. Rester volontairement en dehors d’un groupe qui se forme aussi spontanément est souvent considéré de façon négative alors qu’il serait de bon goût de limiter l’information privée offerte à autrui en France. Cette situation s’explique aux Etats-Unis par diverses raisons. Les Américains étant des gens extrêmement mobiles, prêts à voyager aux quatre coins du pays, il est important pour eux de pouvoir se faire des amis rapidement afin de faciliter leur intégration dans un lieu nouveau et parfois étrange. Il existe également aux Etats-Unis un besoin très fort d’être aimé (to be liked), d’être soutenu par ses pairs et d’apparaître comme le “nice guy” qui participe à la vie d’un groupe, partage ses expériences et évite de se singulariser ou de se mettre trop en avant--même s’il est obligé de parler de lui; et enfin par cet idéal de relations harmonieuses entre gens issus d’horizons aussi divers. L’image quelque peu dépassée du “melting pot” est une bonne illustration de ce brassage de gens aux origines si variées. Ne pas participer à la vie d’un groupe aussi informel, même pour quelques minutes, reviendrait quelque peu à gâcher l’ideal et à le mettre en péril.

D’un point de vue purement franco-français, beaucoup d’autres interprétations et réactions sont possibles quant à la formation de ce groupe, la plupart d’entre elles étant sans aucun doute négatives--du fait de l’absence d’informations concernant la formation de relations impromptues aux Etats-Unis et d’un mode de communication avec les étrangers beaucoup plus restreint en France. D’où l’apparition parfois bien rapide de ces fameux stéréotypes: les Américains sont des gens superficiels; ce qui correspond admirablement au stéréotype américain opposé qualifiant les Français de froids et distants.

Culture "d'achievement" et culture d'affiliation
Si nous ne sommes pas préparés à la différence culturelle, si nous ne sommes pas dans un premier temps conscients de la nature culturelle de notre iceberg, il est facile, lorsque nous arrivons dans un pays étranger, de trouver les règles locales absurdes et de cataloguer les gens avec différents attributs plus ou moins négatifs. Ce qui est normal dans une situation ou un pays particulier peut rapidement devenir ridicule ou inadéquat dans un autre contexte culturel. Il est en fait très dangereux de porter un jugement sur un comportement ou une idée tant que l’on a pas compris les mécanismes qui les expliquent; tant que l’on a pas appréhendé ce qui consitue l’iceberg de notre interlocuteur. D’où l’importance de l’apprentissage et du respect des règles et coutumes de la culture locale, même si nous ne sommes pas entièrement d’accord avec elles. Suivre certaines règles de comportement en public n’implique pas forcément que nous devons les intégrer dans notre réferentiel ou que nous devons les approuver.

Le monde du travail est un autre endroit où se reflètent de nombreuses différences culturelles entre Français et Américains, source d’incompréhensions et de conflits plus ou moins ouverts.

Vue depuis la France, la domination économique des Etats-Unis est parfois quelque peu difficile à avaler. Mais une fois sur place, nous sommes partie intégrante du système et immanquablement pris dans un mécanisme qui fonctionne souvent comme un rouleau compresseur. Des règles bien précises doivent être respectées (respect des minorités et le fameux “politically correct,” rhytme et horaires de travail, pratiques de gestion plus objectives et standardisées, laissant moins de place au relationel) afin d’assurer des relations harmonieuses avec ses collègues et une réalisation des objectifs économique et financier de l’entreprise. Ces objectifs économique et financier sont plus ou moins partagés partout dans le monde, si ce n’est que les règles qui permettent de les atteindre apparaîssent plus ou moins contraignantes en fonction, une fois de plus, de notre propre système de référence et de la façon dont nous avons appris à travailler; non seulement au cours de nos premières années d’expérience professionnelle mais également à la maison et à l’ecole, le goût de l’effort et des choses bien faites s’acquérant très tôt, généralement au cours des dix premières années de la vie d’un individu.

D’un point de vue français, il est rapidement évident que les relations et la personnalité des gens dans le monde du travail américain deviennent secondaires par rapport à ce que l’on nous demande d’accomplir. La culture américaine est une culture d'"achievement,” un mot qu’il est difficile de transposer culturellement en français. Réalisation et accomplissement donnent une idée proche mais pas exacte de ce terme. Dans ce contexte, l’usage du temps et la façon dont on le gère ont une grande importance: pas une minute ne doit être perdue et chaque temps passé doit être utilisé pour l’”achievement” de quelque projet ou tâche. Cette tendance culturelle américaine va de pair avec l’organisation du travail qui favorise une segmentation et une rationalisation des tâches poussées à l’extrême. La spécialisation des études à haut niveau (maîtrise et doctorat) et la prédominance d’experts en tout genre reflètent ce besoin de segmenter le travail afin de le rendre plus facilement exécutable; une tendance américaine qui a demarré il y a fort longtemps avec la fameuse division du travail instaurée sur les chaînes de production par Taylor.

Par contraste, la culture française est une culture d’“affiliation” et de qualité de vie. Ce qui prime avant tout, ce sont la qualité de nos rapports avec nos interlocuteurs, les atomes crochus que l’on développe avec quelqu’un au fil du temps et le plaisir que l’on prend à faire quelque chose ensemble. Les notions de savoir-faire et de savoir-vivre ne sont pas françaises par accident. Le temps a une importance secondaire et la qualité prend généralement le dessus sur la quantité. Dans le contexte professionnel franco-américain, imaginez un peu le genre de problèmes auxquels ces deux tendances peuvent conduire, notamment en termes de gestion du temps et de définition des objectifs à atteindre; difficile parfois de concilier deux tendances totalement opposées!

"Feedback" et "self-esteem"
Autre domaine où se reflète une différence flagrante: le retour d’information ou feedback. Il est important aux USA de savoir comment on a travaillé, comment on est perçu et le feedback est généreusement et spontanément offert à tout employé. S’il peut être parfois très direct et négatif quand les choses n’ont pas tourné rond, il a généralement tendance à être “ultra” positif et la panoplie de superlatifs utilisés est impressionante: great, terrific, fabulous, wonderful, excellent, sans oublier le simple “good job.” Le but de cette technique est aussi de préserver ou de renforcer le “self-esteem” des employés et de leur permettre de s’épanouir sur le lieu de travail. Le "self-esteem" est un concept psychologique très important dans le développement d’un individu américain et le renforcement de sa personalité, via le positive feedback and le self-esteem building, s’opère dès le plus jeune age, à la maison, à l’ecole, dans les clubs sportifs. Il n’est donc guère surprenant que ce concept ait un impact si important sur les pratiques de gestion des ressources humaines.

Si l’on contraste cela avec la façon dont on élève un enfant en France, on se rend compte rapidement que le concept d’“estime de soi” a peu de signification dans la culture française. “Tu peux être fier de toi!” (toujours employé au sens propre aux Etats-Unis) est souvent une façon de condamner l’action d’un enfant en utilisant le sarcasme. La personalité d’un enfant français se développe ainsi face à l’adversité et il est nécessaire de lui enseigner très tôt les règles qui lui seront nécessaires pour s’adapter à un monde adulte parfois impitoyable. Pas question de lui renvoyer un message déformé qui n’aurait pour but que de le flatter et de lui donner une fausse idée de la réalité. La difficulté du cursus scolaire français et l’attitude des enseignants ne font que renforcer cette tendance, aboutissant à des pratiques de gestion des ressources humaines plutôt dures d’un point de vue américain. “C’est pas mal” est à vrai dire rarement considéré comme un compliment aux Etats-Unis.

Un autre domaine où se manifestent certaines valeurs de base américaines: le fameux teamwork. Cette pratique est désormais courante aux Etats-Unis où le but est d’accomplir tous ensemble plus que nous ne pourrions séparément. Les notions égalitaires de la société américaine se reflètent à ce niveau avec un besoin de travailler au sein d’un groupe uni et de produire un résultat commun à tous. Les tendances parfois plus individualistes des Français, lorsqu’il s’agit d’exprimer ses idées et son talent, rendent la tâche plus difficile, notamment dans le cadre d’équipes culturelles mixtes.

Pour curieux que cela puisse paraître aux yeux d’un observateur extérieur, cette tendance indivualiste française ne va pas à l’encontre du caractère d’affiliation évoqué précédemment. L’affirmation de ses propres idées ou théories ne remet nullement en cause une relation déjà établie. Au contraire, dans la mesure où cette relation est solide, il est tout à fait possible de la mettre à l’épreuve (to challenge it) sachant qu’elle risque de ressortir renforcée de cette discussion. A l’inverse, mettre en question les idées d’un Americain est souvent perçu comme une attaque personnelle, ce qui est rarement le cas en France.

L’impact des différences culturelles dans le monde du travail est loin d’être négligeable et il contribue généralement à nous rendre la vie un peu plus difficile. A moins que nous ne prenions le temps de dialoguer très tôt avec nos collègues étrangers afin de trouver des moyens d’accorder nos violons et d’harmoniser nos points de vue. Une première phase de connaissance de l’autre et de ses méthodes de travail--une découverte réciproque de nos icebergs--et une mise à l’écart de nos a priori devrait permettre de créer une culture de travail qui n’est ni purement américaine, ni totalement française. Celles-ci entraîneront une synergie bénéfique pour tous à travers une mise en commun de nos idées et de nos efforts.

En conclusion, il est facile de dire que les Américains sont comme ci et les Français comme ça. Et que ceux-ci ont raison alors que ceux-là ont tort. Et qu’il est parfois difficile de vivre ou de travailler ensemble. Mais que ce soit dans la rue, entre amis ou au sein de l’entreprise, de meilleures relations passent avant tout par un respect de l’autre et de sa culture, un désir d’en apprendre plus sur son pays d’origine, une volonté de dialogue permanente et la nécessité de s’abstenir de juger de façon négative tout ce qui est différent et bizarre.

Les différences culturelles entre Français et Américains sont réelles et profondes, ne laissent en fait que peu de place au mythe, et ne s’effaceront pour ainsi dire jamais tant nos histoires et nos civilisations sont distantes et divergent. Pourquoi ne pas prendre ces différences au sérieux tout en faisant preuve d’humour et de jovialité? Cela facilitera notre adaptation dans un monde nouveau parfois bien éloigné et d’autre fois si proche de notre "Home Sweet Home" à la française.

vendredi 30 mars 2007

New York en Photo

Harlem, Mi Barrio

Harlem est le nom d'un secteur de Manhattan, à New York. Harlem a joué un rôle majeur tout au long de l'histoire de Big Apple, notamment dans la lutte pour l'égalité des droits civiques, étant donné que Harlem a longtemps été et demeure encore aujourd'hui un quartier multiculturel, dominé par les afro-américains, qui ont contribué, depuis quelques années à sa reconstruction.

Le Harlem noir se situe à l'ouest. A l'est, Harlem devient El Barrio, le quartier hispanique, avec une forte majorité portoricaine. Harlem fut d'abord un petit village hollandais établi en 1658 par Peter Stuyvesant. Au milieu du XIXè siècle, Harlem, encore agricole, devenait un quartier colonial grâce à l'ouverture de la voie ferrée, qui attira de nombreux juifs allemands. Les nouveaux habitants bâtissaient encore de belles et élégantes maisons particulières qui aujourd'hui encore sont parmi les plus belles de New York. Dans la foulée de la construction du métro, l'immobilier ayant fructifié au point d'offrir des logements en excès, Harlem devenait le quartier largement noir qu'il est toujours.

Harlem est à la fois le symbole du malaise racial en Amérique et la frontière géographique et mentale que l'immense majorité des habitants blancs de New York répugne à franchir. Harlem est la mauvaise conscience de Manhattan. Au temps de la prohibition et de la naissance du jazz, Harlem était la plus grande communauté noire d'Amérique, tandis que New York restait, en matière de politique raciale, l'une des villes les plus dures des Etats-Unis. La religion et la politique sont les deux mamelles de Harlem. La religion est partout présente à Harlem sous la forme de dizaines d'églises.

Pour d'autres infos intéressantes sur les pays du monde:
http://www.alovelyworld.com/

jeudi 29 mars 2007

Premières photos New York

mercredi 21 mars 2007

Têtes à Claques

C'est le dernier sketch en date. Un petit couple s'est offert une courte escapade à Paris. Le mari et la femme arrivent du Québec, et ils se sont installés à la terrasse d'un café. Elle, enthousiaste, respire le parfum enivrant du romantisme. Lui, grognon, ne sent que l'odeur du diesel et des crottes de chiens. Arrive le serveur. La conversation s'engage, et l'employé propose aux deux touristes de leur montrer une photo de ses gosses. Quiproquo : en français de la Belle Province, les gosses signifient les... testicules.

Bienvenue dans l'univers un rien déjanté des Têtes à claque
De gros yeux, des bouches disproportionnées, des situations de la vie quotidienne qui tournent au ridicule, des propos qui virent à l'absurde. Il y a le petit couple - Lucien et Monique - qui se chamaille sans cesse et se retrouve dans la marmite d'un cannibale ou dans les griffes d'un ours une nuit de camping. Il y a oncle Tom, le présentateur d'un téléachat à l'américaine, qui tente de vous fourguer une quarantaine de "Willy Waller", de simples épluche-légumes. Il y a encore le pilote de Boeing qui perd son sang-froid en plein vol, persuadé qu'"une bombe atomique est cachée dans une canisse de jus de raisin". Et ainsi de suite, tous plus burlesques ou pathétiques les uns que les autres. Vrai qu'elles méritent souvent des claques, ces têtes-là, mais qu'elles nous font surtout mourir de rire.

Michel Beaudet, leur auteur et interprète, ancien publicitaire âgé de 40 ans, se moque sans tabous mais avec tendresse de ses compatriotes et de ses contemporains. Qui ne lui en tiennent pas rigueur. Au Québec, les Têtes à claques sont ainsi devenus un véritable phénomène de société. On s'arrache les produits dérivés, tee-shirts et sodas, on visionne sur son téléphone portable les derniers sketches en date - les "dernières capsules", dit Michel Beaudet (il y en a plus de 60 sur le site).

Au Québec, Michel Beaudet fait la "une" des magazines, et est invité sur les plateaux de télévision. Il a déjà refusé six propositions de longs métrages. Les premières Têtes ont débarqué sur le site en août 2006. Un mois plus tard, elles comptaient déjà plus de 500 000 fans. Aujourd'hui, soit moins d'un an plus tard, elles sont numéro un des sites francophones en Amérique du Nord, avec plus de 3 millions de visiteurs uniques par mois, dans une Belle Province qui compte à peine plus de 7 millions d'habitants, et 4,5 millions d'internautes réguliers.
Le succès des Têtes à claques a rapidement dépassé les frontières du Québec grâce à l'une des plus spectaculaires diffusions virales que le Web ait connues. Vingt pour cent des visiteurs se connectent désormais depuis l'Europe. En France, par exemple, le compteur affiche déjà près de 800 000 visiteurs uniques par mois. Sans publicité ni communiqué. Au comique des situations et des dialogues, aux grimaces des personnages, s'ajoute, pour les Français, le pittoresque dela langue.

Pour Michel Beaudet, d'ailleurs, c'est le sujet d'un dilemme : tandis qu'il s'apprête à signer un partenariat avec un opérateur de téléphonie mobile dans l'Hexagone pour que ses Têtes soient diffusées sur les portables, et qu'il entend faire connaître encore mieux ses créations sur le Vieux Continent, devra-t-il adapter ou faire traduire ses "capsules" alors qu'elles connaissent déjà le succès ?

samedi 3 février 2007

Recette Chocissson (Gateau Choco)

Préparation: 20 min.

20 petits-beurre
100 g de sucre en poudre
125 g de chocolat en poudre
125 g de beurre fondu
4 jaunes d’oeufs
un peu de sucre glace

1. Battre les jaunes d’oeufs et le sucre jusqu’à ce que ça blanchisse.
2. Ajouter le beurre fondu, puis le choco, en remuant bien.
3. Emiétter les petits-beurre (ou les écraser au rouleau) et les ajouter au mélange.
4. Verser le mélange sur du papier alu, rouler en forme de saucisson, mettre au frais 3 à 4 heures.
5. Enlever le papier alu, rouler dans le sucre glace, servir en rondelles.

lundi 1 janvier 2007

Photos Californie

jeudi 28 décembre 2006

Comida Mexicana

Aquí estan unas comidas mexiacanas muy ricas...

  • Esquites o los elotes
  • Mole de caderas
  • Chiles en nogada
  • Cerdo con salsa achiote
  • Postre de malvavisco
  • Buñuelos
  • Gelatina de lecha
  • Tejocote
  • Guayaba
  • Caldo de res (o puchero de res)
  • Posole
  • Menudo
  • Tamales
  • Quesadillas
  • Tacos
  • Enchilada
  • Torilla (Maïz o Trigo)
  • Sopes
  • Carnitas de puerco
  • Pavo
  • Piernas de cerdo con salsa achiote

dimanche 24 décembre 2006

Photos Mexique

samedi 4 novembre 2006

De la bière pour Gaudí

















La nouvelle réglementation sur les incivilités suscite la controverse. Il est illégal de dormir sur les bancs publics ou de boire sur la voie publique. Et les artistes de rues ne sont pas non plus en odeur de sainteté.


Drôle de vision : Che Guevara, cigare aux lèvres, salue de la main un clown en train d’exécuter un numéro un peu plus bas sur le boulevard. Sur la célèbre avenue des Ramblas, les artistes de rues font partie du décor. Mais Robi le clown est brusquement interrompu par un officier de police venu le déloger, sous les caméras effarées de touristes étrangers massés autour des deux protagonistes. Un genre d’intervention qui est aujourd’hui monnaie courante dans la capitale catalane.


Pour autant, il ne s’agit pas d’une nouvelle attraction touristique. Depuis janvier 2006, les spectacles de rues sont sévèrement réglementés et tombent sous le coup de la loi. Robi a beau tenter d’expliquer à l’agent qu’il voulait simplement faire un petit numéro. En vain. Car les artistes comme Robi vont à l’encontre de la politique de « coexistence paisible » que souhaite promouvoir la municipalité.


Lutte contre l’incivisme


Mais ces « règles de civilité » ne se limitent pas aux seuls artistes. « Elles s’attaquent également aux libertés individuelles », critique Albert Padros, un jeune diplômé catalan. L'arrêté interdit désormais de boire dans la rue, de dormir sur un banc ou encore d’uriner dans un espace public. Une prohibition qui vaut aussi bien pour les Barcelonais que pour les touristes. Les contraventions peuvent aller de 750 euros pour une infraction mineure, comme tapage sur la voie publique, à 3 000 euros pour des graffitis sur un bâtiment public.


Pour Ramon Nicolau i Nos, conseiller municipal, ces amendes ne sont pas trop sévères. « Il ne suffit pas seulement d’encourager les actes de civisme », explique ce socialiste. Mais il devenait urgent de prendre des mesures pour réguler les milliers de touristes déversés quotidiennement à Barcelone par les compagnies aériennes low-cost. D’autant que les visiteurs en question, désireux de boire et faire la fête plus que de se cultiver, auraient plutôt tendance à nuire à la tranquillité publique. « Les autochtones préférèrent autant éviter ce type de tourisme chez eux », reprend Ramon Nicolau i Nos, qui tord aussitôt le cou à la rumeur selon ces mesures auraient été prises afin d’attirer dans la capitale catalane des touristes plus aisés. « Notre seul et unique objectif est d’œuvrer pour une coexistence paisible. Barcelone est une ville surpeuplée. Il y a un temps pour tout. Les gens doivent pouvoir s’amuser, mais également savourer des instants de tranquillité. »


La police barcelonaise semble pour l’instant satisfaite d’avoir à sa disposition davantage de moyens pour contrôler la vie animée des rues. Tout en manœuvrant d’une main de maître sa voiture de patrouille à travers les ruelles étroites du quartier populaire du Raval, l’officier Laurens surveille dealers et prostituées.


Il m’explique que la majeure partie de son travail consiste à faire respecter la loi sur les incivilités. « Sur trente incidents constatés au cours d’une patrouille de routine, seuls cinq concernent des vols ou des bagarres. Les vingt-cinq restants sont liés au non-respect de la loi sur la coexistence paisible », affirme Laurens.

En cette nuit de janvier, le froid mordant qui s’est abattu sur la ville semble avoir découragé les éventuels contrevenants. L’officier conseille aux quelques SDF restés dehors d’aller se mettre au chaud à l’asile de nuit. Il donne néanmoins une contravention à l’un d’entre eux pour avoir consommé de l’alcool sur la voie publique. Mais comme toujours, la police dispose d’une certaine marge de manœuvre : arrêter ou non les fautifs.

Bruyante, sale et méditerranéenne !

Dans le quartier de Gracia, quelques groupes de jeune venus célébrer la saint Antoine se réchauffent les mains à la chaleur des barbecues en se déhanchant sur des gigues majorquines endiablées.

La nouvelle loi ne semble pas beaucoup les perturber. Les bouteilles de vin et les canettes de bière s’entassent un peu partout, attendant d’être partagées avec les amis autant qu’avec les étrangers de passage. Une fête improvisée typique de l’esprit barcelonais.

La plupart des passants qui assisteront ce soir à la scène admettront qu’il devenait urgent de prendre des mesures efficaces pour lutter contre ce genre de nuisance. Pourtant, peu avant que la loi sur les incivilités ne soit adoptée en janvier 2006, des voix se sont empressées de dénoncer la radicalité et la sévérité de la meusure. Et de l’avis de beaucoup, la nouvelle loi va trop loin.
Miriam Rodriguez travaille pour l’association de quartier qui a organisé ce festival nocturne en plein air. Elle reconnaît l’importance des règles de civisme mais estime en revanche qu’« elles manquent de réalisme et s’attachent à des broutilles pour oublier l’essentiel ». Son opinion semble partagée par nombre de ses concitoyens, lesquels préfèreraient que la municipalité s’implique davantage dans la lutte contre la drogue et la violence, au lieu de faire la chasse aux skateurs et aux consommateurs d’alcool.

Albert Salarich, un journaliste catalan va lui plus loin et dénonce « une véritable perte de temps ». « Il suffit de se promener dans les rues, de jour comme de nuit, pour découvrir la vraie Barcelone. Elle est sale et bruyante, comme savent l’être les villes méditerranéennes », s’exclame-t-il.

Un an après...

Voilà un an déjà que le texte sur la 'coexistence paisible' a fait une entrée fracassante dans la vie des Barcelonais. Le conseil municipal la défend avec ferveur et la police s’efforce avec discrétion de la faire respecter, surveillés de loin par une population quelque peu suspicieuse. Mais il faut bien avouer que la capitale catalane semble aujourd’hui plus propre, plus tranquille et, bizarrement, plus gaie. Le goût de l’interdit probablement...

De retour sur les Ramblas, Robi le clown reprend son numéro là où il l’avait interrompu, devant un flot incessant de touristes. Peu disposé à passer les menottes au clown rebelle, c’est dans un autre quartier de la ville que l’officier de police est parti défendre la tranquillité de ses concitoyens. Les comportements incivils auront beau être sanctionnés, la désobéissance, cette marque de fabrique des Barcelonais, ne disparaîtra pas du jour au lendemain.

Bientôt, la municipalité catalane devra relever un nouveau défi. Elena Salgado, ministre espagnole de la Santé, vient de présenter son projet de loi visant à réglementer la consommation d’alcool. Les jeunes âgés de moins de 18 ans n’auront désormais plus le droit de participer aux fameuses «botellón», ces rassemblements populaires de jeunes qui se retrouvent le samedi soir dans la rue pour boire de l’alcool.

mercredi 1 novembre 2006

Photos Seville

vendredi 13 octobre 2006

Photos Spain

mercredi 4 octobre 2006

Les Espagnols

Peu de peuples peuvent se targuer d'avoir une histoire aussi riche. Les Espagnols vivent entre tradition et modernité. Leur tempérament, à l'image du climat espagnol, est très chaleureux. Nous vous présentons ici les principales caractéristiques de la vie en Espagne. Bien sûr, ce tableau est forcément réducteur mais le but est d'appréhender les grandes lignes directrices de la culture espagnole.

Un tempérament bouillant

Les Espagnols ne sont pas méditerranéens pour rien ! On leur prête souvent de l'exubérance et une grande fierté. Que ce soit à la terrasse d'un café, sur la piste de danse ou dans la rue, il faut voir mais surtout être vu ! Cependant, n'allez pas croire que leur joie de vivre n'est qu'un moyen de plus pour se faire remarquer. Les Espagnols aiment la vie, tout simplement... Ils le prouvent, mois après mois, à travers les somptueuses fiestas qu'ils organisent à la moindre occasion.

Une grande générosité

En Espagne, la générosité est un mode de vie. Même dans les grandes villes, un touriste n'aura aucun mal à obtenir le renseignement qu'il désire. Il trouvera toujours un passant bienveillant qui le conduira à destination. Les Espagnols ne rechignent jamais à aider leurs prochains, même financièrement.

La sacro-sainte famille

La famille est primordiale en Espagne. La solidarité et l'entraide entre membres d'une même famille sont la règle. Quel que soient son âge ou son mode de vie, jamais un Espagnol ne sera rejeté par sa famille. Les enfants espagnols sont extrêmement choyés mais les valeurs qu'on leur inculque les empêchent de tomber dans l'égoïsme. Il n'est pas rare que trois générations cohabitent sous le même toit.

L'art, héritier de la movida

Le terme de movida désigne la frénésie artistique qui a explosé à la fin de la dictature franquiste. C'est d'abord par le cinéma que la culture espagnole s'est diffusée à l'étranger. Pedro Almodovar ou Bigas Luna sont connus dans le monde entier. Certains acteurs espagnols sont devenus des stars à Hollywood. L'Espagne nous a aussi donné de grands chanteurs lyriques tels Montserrat Caballé, Placido Domingo ou José Carreras. Le stylisme et le design sont également des domaines où les Espagnols excellent.

Un régionalisme exacerbé

Chaque région espagnole possède sa propre culture et la revendique. Plus qu'un tout, l'Espagne est un "patchwork" culturel. Ceci la rend d'autant plus fascinante... L'Espagne est organisée en 17 communautés autonomes, chacune est dotée d'un gouvernement. Les autorités encouragent énormément les particularismes culturels et, s'il y a lieu, la pratique de la langue régionale. L'Espagne possède, d'ailleurs, 4 langues officielles : le castillan, le catalan, le basque et le galicien. Le régionalisme pur et dur est tout de même rare. Les Espagnols tiennent, pour la plupart, à leur double identité : nationale et régionale.

La religion en perte de vitesse

L'écrasante majorité des Espagnols est de confession catholique. Cependant, la religion a perdu beaucoup de son influence. En effet, la dictature de Franco en a fait un véritable moyen de pression sur la vie intime des Espagnols. Aujourd'hui, on assiste à un rejet de cette vision moralisatrice qu'on leur a imposée. Le nombre de catholiques pratiquants ne cesse de baisser. Aujourd'hui, seul 1/4 des moins de 35 ans assistent régulièrement à la messe.

Une société en pleine mutation

Rappelons que l'Espagne connut la dictature jusqu'en 1975. Depuis, le pays a connu de grands bouleversements sociaux. Le mariage n'est plus la norme. De plus en plus de couples vivent en union libre et les familles monoparentales se multiplient. Les femmes espagnoles, longtemps soumises, ont conquis les libertés auxquelles elles avaient droit et se sont affranchies de la tutelle masculine. Conséquence de l'évolution des mœurs, le taux de fécondité est tombé à 1,07 enfants par femme (chiffre de 1999), ce qui en fait l'un des plus bas au monde. Le dernier grand bouleversement en date est la légalisation du mariage homosexuel. Cette nouvelle loi permet aussi à un couple homosexuel d'adopter des enfants. L'Espagne a été le quatrième pays au monde (après les Pays-Bas, le Canada et la Belgique) à légaliser le mariage gay.

lundi 11 septembre 2006

Photos Londres

dimanche 13 août 2006

Photos Rome

mardi 13 mars 2001

Faut-il interdire les drogues?

Je voudrais vous raconter une anecdote historique. Dès janvier 1919, les prêtres catholiques américains devaient obtenir une autorisation de l'administration fédérale pour se procurer du vin de messe. L'ère de la Prohibition avait commencé. Pendant douze longues années, la production, le commerce et la consommation de boissons alcoolisées demeurèrent totalement interdits aux États-Unis. Très vite, on vit apparaître des sectes se réclamant christianismes pour pratiquer avec dérogation administrative la dégustation du fameux breuvage. Tous les observateurs notaient l'attrait tout particulier des fidèles pour l'absorption de vin consacré.
Il n'y eut pas que des petits malins pour tourner la loi sur la prohibition de l'alcool. Des mafias, habituées à fonctionner dans l'illégalité, saisirent une si belle occasion de diversifier leurs revenus traditionnellement liés au jeu et à la prostitution. Des distilleries clandestines proliférèrent dans tout le pays. Fabriqués à la hâte, sans hygiène, leurs produits rendaient souvent fou ou aveugle, mais quel recours avait l’imprudent consommateur ? D'autres gangs, qui ciblaient plutôt une clientèle fortunée, passaient en contrebande des spiritueux de qualité venus d'Europe. L’argent du bootleg pervertissait l’État jusqu’au plus haut niveau; un des exemples remarquables reste celui de Joseph Kennedy, fondateur de la dynastie qui donna un président et plusieurs sénateurs au pays, et qui lui-même, après avoir édifié sa fortune dans l’importation d’alcool en fraude, se fit nommer à la tête de la puissante et prestigieuse Commission des Opérations de Bourse par les politiciens qu’il avait si longtemps achetés.
La conséquence la plus tragique de la Prohibition fut évidemment l’augmentation spectaculaire des crimes de sang. Parce qu'ils ne pouvaient pas recourir aux tribunaux, les gangs réglaient leurs différends dans des batailles de rue et par des assassinats, qui marquent encore la mémoire de villes comme Chicago. On a pu écrire que la violence causée par la Prohibition a provoqué plus de morts pendant les douze années qu'elle a durées que n'en auraient causé la cirrhose et les accidents dus à l'alcool.
Si tout ce que je viens de vous dire ne vous rappelle pas ce qui se passe aujourd'hui avec la prohibition de la cocaïne et des autres drogues, c'est que vous avez vécu sur une île déserte, sans journaux et sans radio depuis 20 ans.
Or, que s'est-il passé lorsque la Prohibition de l'alcool a cessé aux États Unis ? Des multinationales comme des petits producteurs ont mis en vente des vins et des spiritueux non frelatés. Les seules batailles qu’ils ont continué de se livrer étaient sous forme de publicité et de prix cassés. La mafia a déserté ce secteur, et on n’y a plus recensé aucun cas de corruption ni de " blanchiment ". Et, curieusement, la consommation d’alcool comme celle de cigarettes diminue dans beaucoup de pays où la vente y est autorisée.
Est-ce que l'expérience que je viens de décrire de la prohibition de l'alcool aux États Unis n'aurait rien à nous apprendre, ou bien est-elle pertinente pour analyser cette nouvelle prohibition qui vise cette fois les amphétamines, la cocaïne, l'héroïne, le cannabis.., ce qu'on appelle communément " la drogue " ? Il y a quelque chose que je trouve effrayant dans l’ampleur et la violence de la répression qui s’abat sur les drogués. Le discours utilisé, les moyens mis en œuvre, sont vraiment ceux de la guerre. Dans notre propre pays, qui se veut un modèle d’État de droit, les policiers et les magistrats réclament des lois d’exception et des exceptions à la loi sous prétexte de trouver et punir les trafiquants. La délation devient obligatoire, comme aux beaux jours du nazisme et du stalinisme. Lorsque les gouvernements, partout, montrent une telle unanimité répressive, est-ce que notre devoir minimum de citoyen n’est pas de se poser des questions ? Se pourrait-il, par exemple, que nous soyons en train de répéter l’erreur des prohibitionnistes de l’alcool, dont les remèdes ont causé plus de morts que le mal qu’ils voulaient combattre ? Se pourrait-il que la répression arrange autant les affaires des mafieux que celles des politiciens ? Tout ce qui concerne la drogue a des rapports avec notre inconscient, et c’est précisément parce que l’émotion qu’elle suscite permet toutes les manipulations que nous devons nous poser de telles questions.

La persécution des drogués
La première des manipulations est évidemment celle du vocabulaire. Lorsque les magistrats et les policiers prétendent qu'ils mènent la " guerre à la drogue ", ils abusent des mots. " Persécution " est le terme qui convient. Appeler leur croisade " persécution " rendrait la cause des policiers moins populaire, mais décrirait mieux la réalité. Car notez que dans une guerre, il y a deux adversaires qui luttent pour s'imposer l'un à l'autre. Or, le drogué ne menace personne, il se trompe certainement dans la voie qu’il a choisie, mais il n’oblige personne à le suivre; le drogué ne contraint personne à se droguer, c’est nous qui voulons, par la force des armes, lui imposer notre propre façon de vivre. Alors, je m'interroge sur la raison même de cette persécution. Pourquoi interdire la drogue ? Car il ne peut pas, absolument pas, y avoir de justification rationnelle à l'interdiction de produire, de commercialiser et de consommer des drogues. Il n'existe pas de raison morale. Il n'existe pas de raison économique. Il n'existe pas de raison sociale. La persécution que pratiquent nos gouvernants n'est pas de l'ordre de la raison. Son absurdité est telle qu’il faut en chercher les causes dans nos peurs, dans la peur que notre société éprouve devant tous les essais de modifier les états de conscience. Nous n'aimons pas les mystiques, les chamans, nous ridiculisons les voyants, nous enfermons les fous et les délirants, même s'ils ne sont pas dangereux, nous persécutons les drogués, comme nous avons brûlé les sorcières. Dans notre société qui se veut sécularisée, la persécution des drogués est une persécution religieuse. C'est ce que je vais essayer d'expliquer.

Les vrais dangers de la drogue
Laissez-moi d’abord vous dire que je suis confronté au problème de la drogue comme l’est tout père de famille en Occident. La drogue n’évoque pas pour moi le stimulant intellectuel que prenaient Einstein, Freud (ou Sherlock Holmes), ni l’inducteur de rêveries et de visions qu’affectaient Baudelaire, Malraux, Cocteau, Michaux et tant d'autres. Je suis atterré que la drogue soit aujourd’hui celle que les lycéens refilent à leurs petits camarades, celle que contenaient les seringues abandonnées qu’on trouve dans les jardins publics, celle des junkies aux dents déchaussées et aux orteils horriblement piqués et tuméfiés, parce que les orteils sont moins repérables par les policiers que les bras.
Mais j’ai eu aussi une autre expérience de la drogue. J’ai été président pendant dix ans d’une société française qui produisait de la cocaïne - en toute légalité, car cet alcaloïde a encore un usage médical. Celle que nous produisions sous le contrôle du Ministère de la Santé et sous surveillance policière était " de la pure ", vendue à des laboratoires pharmaceutiques et des hôpitaux. De temps en temps, les douaniers nous envoyaient leurs prises en espérant que nous pourrions les traiter et leur acheter la cocaïne récupérée. Ces produits confisqués aux trafiquants déconcertaient notre meilleur chimiste et furent pour moi la révélation d’une immense aberration dans notre politique répressive. La cocaïne de contrebande était tellement dénaturée, mélangée avec n’importe quelle poudre blanche, de la lessive, du plâtre même, les impuretés si nombreuses que, huit fois sur dix, elle était irrécupérable. Mais je réalisais que c’est cette mixture que les jeunes prisaient ou s’injectaient. La dangereuse différence entre la cocaïne que nous produisions dans notre laboratoire et celle vendue dans la rue tenait aux impuretés. La pâte que fourgue un dealer est potentiellement mortelle, non pas tant à cause de la cocaïne qu’elle contient que des produits qu’on y a mêlés.
Ce qui s’explique aisément. La cocaïne, comme vous l'avez vu dix fois à la télévision, est extraite des feuilles d’une plante, la coca. Son extraction demande un traitement chimique qui nécessite un appareillage simple mais encombrant. L’interdiction de la production de cocaïne fait que les laboratoires où l’extraction s’effectue doivent rester cachés dans des fermes, des usines désaffectées, des bidonvilles, et qu’ils doivent déménager fréquemment ; les conditions d’hygiène ne peuvent en aucun cas y être satisfaisantes. La vente des solvants organiques nécessaires à l’extraction est elle-même contrôlée par la police. Les chimistes clandestins utilisent donc des ersatz qu’ils préparent dans leur garage, dans leur cave, dont vous imaginez la qualité. Puis cette pâte frelatée doit passer les frontières, indécelée des douaniers. Récemment, j'ai entendu dire qu'un antiquaire a été arrêté à Genève. Il importait des tableaux, beaucoup trop de tableaux au sentiment des douaniers. La cocaïne était diluée dans le vernis qui recouvrait les toiles. Quelqu'un allait s'injecter du vernis de tableaux avec un peu de poudre dedans.

Les effets de la clandestinité
La nécessité de transporter clandestinement la marchandise incite les trafiquants à proposer les drogues les plus dures, celles qui pour le plus faible volume provoquent l’effet le plus fort. On avait constaté le même phénomène et pour les mêmes raisons à l’époque de la Prohibition : la bière et le cidre avaient quasiment disparu au profit du gin et du whisky. La règle est qu’une substance interdite est vite remplacée par une autre plus nocive encore. Puis, la drogue en arrivant à destination est coupée par les revendeurs pour augmenter leur marge. C’est une nouvelle cause de pollution du produit, bien sûr, et un risque supplémentaire pour le drogué, car il ne sait pas dans quelle proportion la drogue est coupée, il ne peut pas calculer la dose de principe actif qu’il va consommer. Imaginez que vous preniez des pilules pour dormir, toutes de la même apparence, les unes contenant un gramme de somnifère, les autres dix grammes ou plus. Une fois, vous ne vous réveillerez pas. Les drogués meurent ainsi d’une overdose.
Le commerce de la drogue, comme toute activité humaine, obéit à une cohérence économique. La répression sévère, qui va jusqu'à la peine de mort dans certains pays, est cause que l’offre est réduite alors que la demande reste forte. La prohibition garantit donc des prix élevés aux trafiquants. Comme tout entrepreneur, ceux-ci veulent diminuer leur risque, dans leur cas, celui d’être appréhendé; or leur marge commerciale est largement suffisante pour acheter la complicité des autorités, et, par conséquent, pour les plus gros trafiquants, le risque lié à l’illégalité est plus théorique que réel.
Les prix élevés de la drogue dus à son interdiction sont la raison de manifestations de délinquance et de violence menaçant toute la population, même celle qui se tient à l’écart de ce trafic. D’une part, des bandes armées se disputent cette activité si lucrative, tuant indifféremment leurs rivaux ou des passants. D’autre part, de nombreux consommateurs ne peuvent se procurer l’argent de leurs doses sans recourir au vol. Même si vous n’avez jamais été directement victimes de la délinquance des drogués, vous en supportez le coût. Les compagnies d’assurances vous le font payer dans leurs primes.
Ce recours au vol explique pourquoi la cherté du produit n’est pas un frein à la consommation, comme ce serait le cas sur un marché légal. Puisqu’ils sont de toutes façons refoulés dans la clandestinité, les consommateurs de stupéfiants n’ont plus à se priver de voler l’argent qu’ils ne gagnent pas, ce qui leur confère un pouvoir d’achat en théorie illimité. Certes, voler sans se faire prendre demande des capacités, mais les drogués pratiquent volontiers la vente " boule de neige ". Un héroïnomane a intérêt à acheter plus de produit qu'il n'en consomme lui-même et à se faire une clientèle à qui revendre le surplus. Ce sont donc sur ses clients qu’il reporte le sale boulot de voler des autoradios ou d'arracher des sacs à mains.
La prohibition de la drogue est l’exemple type d’intervention administrative fourvoyée. On prétend lutter contre les trafiquants, et quelques uns effectivement sont arrêtés, mais on assure à tous les autres des bénéfices exorbitants. On prétend protéger les drogués contre eux-mêmes, mais la prohibition incite les trafiquants à ne commercialiser que les drogues les plus dangereuses. On prétend moraliser la société en éliminant un vice, mais on induit un supplément de violence et de délinquance dont toute la société subit le coût moral et matériel.

Les fruits de la légalisation
Je pars de l’hypothèse que le but réel des pouvoirs publics est de protéger les drogués et de mettre un terme à la criminalité liée au trafic de stupéfiants. Je ne suis pas certain que cette hypothèse soit la bonne, mais admettons-la provisoirement. Est-ce que, dans ce cas, la solution ne serait pas de légaliser la drogue ? Non pas dépénaliser sa consommation : cette demi-mesure adoptée aux Pays-Bas, si elle représente un progrès, n’élimine pas le danger de la fabrication clandestine. Légaliser signifie tout bonnement que la drogue sera en vente dans les circuits commerciaux habituels, comme le sont le vin et les cigarettes.
Préconiser la vente de haschich et de cocaïne en épicerie apparaîtra peut-être à certains d'entre vous comme une monstruosité. Pourtant les avantages sont décisifs de transformer ce qui est un trafic glauque et sanglant en un marché transparent. Sur tous les marchés libres, les fournisseurs sont des entreprises ou des particuliers identifiables et civilement responsables. Lorsque les fournisseurs commercialiseront en leur nom, sous leur marque, le haschisch, la marijuana, la cocaïne, l’ecstasy, le LSD.., chaque consommateur aura l’assurance d’acheter un produit qui n’est pas frelaté (et si jamais il l’était, ce consommateur pourrait se retourner contre le fournisseur et lui réclamer des dommages, ce qui est évidemment impossible dans la clandestinité d'aujourd'hui).
La concurrence entre les fournisseurs apporte aussi la perspective d’une diminution de la toxicité des produits. Nous oublions en l’appelant toxicomane que ce n’est pas la toxicité que cherche le drogué, mais une certaine forme de bien-être physique. Or, éliminer la toxicité est autant l’objectif de l’entreprise que le souhait du drogué. Même si vous n'accordez aucune once d’humanisme aux hommes d’affaires, vous devez au moins reconnaître qu’en saine logique commerciale tuer ses clients n’est pas une stratégie viable. Dès qu'ils seront libres de commercialiser ce qu’on ne pourra plus appeler de la drogue, mais des euphorisants, des stimulants intellectuels ou des inducteurs de rêveries, les industriels voudront satisfaire le consommateur en créant des produits correctement dosés, sans effets secondaires.
Aujourd'hui, avec ou sans l’encouragement des pouvoirs publics, les entreprises ont bien mis sur le marché des cigarettes légères, des colas et des pâtes à mâcher sans sucre, du café sans caféine, des huiles alimentaires sans cholestérol... On verra dans la même logique les fabriquants de drogues rivaliser pour proposer les produits les moins nocifs possibles. En outre, la disponibilité de produits aux effets presque similaires fait naturellement disparaître le besoin des produits plus toxiques. Pourquoi prendre le risque de l’absinthe alors qu’on trouve du pastis ? De même, pourquoi prendra-t-on le risque du crack lorsqu'on trouvera sur le marché de la cocaïne pure et pas chère ?
On peut ainsi espérer que les laboratoires, lorsqu'ils auront le droit de faire de la recherche sur ces produits, ce qui vous savez leur est totalement interdit aujourd'hui, découvriront rapidement un moyen de diminuer le phénomène d’accoutumance que créent certaines drogues. Contrairement à ce qu’une analyse superficielle peut faire croire, l’accoutumance ne joue pas en faveur du producteur. C’est la crainte de l'accoutumance, au contraire, et des effrayantes crises de manque qu’elle occasionne qui agissent comme un frein à l’extension de la consommation. Or, quel est le producteur qui ne souhaite pas lever les freins à la diffusion de son produit ?
Une autre conséquence bienvenue de la légalisation totale sera l’effondrement des prix, libérant le drogué de la nécessité de la délinquance pour acheter ses doses. Des produits moins toxiques et moins chers signifient qu’un consommateur pourra le plus souvent conserver son travail et que son salaire lui permettra de satisfaire son besoin. Une marge commerciale qui n’intègre plus une prime pour l’illégalité de la transaction découragera les mafias, qui chercheront vite ailleurs d’autres activités plus lucratives.

Apprendre à boire, à fumer, à sniffer
La légalisation sans restriction de la drogue ne veut pas dire un monde de junkies, pas plus que depuis la fin de la Prohibition, les États Unis ne sont devenus un pays d’ivrognes. Ce n’est pas la répression policière, mais l’exemple et l’éducation qui permettent de limiter la consommation de drogues. Il existe des comportements pathologiques liés à tout ce que nous consommons (des fumeurs à la chaîne, des boulimiques et des alcooliques..), mais la civilité, les rites, les usages, ont pour effet d’exercer une pression modératrice sur chacun. En Occident, on ne fume pas partout ni n’importe quand; on ne boit pas d’alcool le matin, ni en dehors des repas avant le soir... Chez les Indiens du Mexique, il existe des rites à respecter avant de mâcher le peyotl.
Les parents apprennent ces règles à leurs enfants. La socialisation de la consommation permet la transmission à chaque génération d’un enseignement sur le bon et mauvais usage de la drogue. Or, ce n’est pas seulement le produit que la répression frappe, mais son mode d’emploi. Dans le monde fermé et clandestin des drogués, les illusions et les mythes les plus fous circulent sur des substances qui pourtant réclament plus que d’autres d’être traitées avec sagesse et compétence. La légalisation et la banalisation de la drogue, la diminution en même temps de sa dangerosité, auront pour conséquence que nous pourrons l’intégrer dans notre culture pour en réguler l’usage.

Les mauvais prétextes d’une politique répressive
Nous avons dressé un constat d'échec total de la répression. Je crois que vous pourrez en convenir, il suffit de regarder autour de soi, la répression, ça ne marche pas. La moitié des poursuites pénales dans un pays comme la France, la moitié des incarcérations aux États Unis, sont liées à la drogue. C’est un chiffre effarant, et pourtant le nombre des drogués ne fléchit pas. Jusqu’où voulons-nous aller ? Mettre un policier dans chaque salle de classe, dans chaque boîte de nuit ? En regard de cet échec, j’ai essayé de décrire les avantages qu’offrirait la légalisation complète des drogues. Alors pourquoi persévérer dans la voie de la répression et de l’échec, alors qu’il existe une alternative ?
Cet entêtement dans l’échec ne peut pas être pour des raisons économiques. Quand on se place du point de vue même des États persécuteurs, toujours en situation de semi-banqueroute, la légalisation représente un gisement fiscal : d’un trait de plume abolitionniste, tout le commerce de la drogue deviendrait imposable. En revanche, la clandestinité entraîne des dépenses budgétaires considérables sans recettes correspondantes. Voyez l'encombrement de la justice, le maintien des contrôles douaniers aux frontières, le quadrillage policier du pays, l'emprisonnement de dizaines de milliers de trafiquants, auquel il faut ajouter les coûts hospitaliers du traitement des drogués, la propagation du SIDA, etc. Économiquement, la légalisation ne peut pas coûter plus cher à la société que la répression.
Ce n’est pas non plus pour des raisons sociales et de santé publique que la répression se justifie. L’argument ici serait celui des partisans de l’avortement. Puisqu’on ne peut pas interdire efficacement l’avortement, faisons au moins qu’il ne mette pas en danger la vie de la mère. Il ne s’agit pas d’approuver le choix de la drogue ou de l’interruption de grossesse, mais lorsque ce choix est fait, de permettre qu’il n’ajoute pas le risque physique à la faute morale. Il est étonnant que les mêmes politiciens qui ont approuvé l’IVG en raison de cet argument refusent de le considérer lorsqu’il s’agit de la drogue. Et puisque nous parlons de santé publique, je voudrais rappeler des faits : le premier est que l’alcool en France tue 100 fois plus que la drogue, et la drogue tuerait moins si elle n’était pas interdite; le deuxième est que le passage des drogues douces aux drogues dures n’est pas automatique, pas plus que celui qui se met à boire un verre de vin par repas ne deviendra nécessairement un alcoolique. Il y a aux États Unis 40 millions de personnes qui ont fumé un joint, et seulement 700,000 héroïnomanes, soit 1,75% d’utilisateurs de " drogues douces " qui ont fait le pas vers une plus grande toxicité. Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas le produit qui force la dépendance, mais plutôt la psychologie de l’individu qui recherche cette dépendance. Très peu des dizaines de milliers de militaires américains qui consommaient de l’héroïne au Vietnam n’ont connu des problèmes de dépendance à leur retour au pays.
Enfin, ce ne saurait être non plus pour des raisons morales que nous continuons la répression. La distinction à établir ici est celle entre la morale et le droit : ce n’est pas parce qu’un produit ou un comportement sont bénéfiques que les pouvoirs publics doivent les rendre obligatoires (tout au plus, ils peuvent se contenter de les conseiller); et ce n’est pas parce que d’autres produits ou comportements sont nuisibles pour ceux qui les adoptent que les pouvoirs publics doivent les interdire (ils doivent seulement émettre des mises en garde). Le rôle des pouvoirs publics dans un État de droit est de protéger les citoyens contre l’agression d’autrui, pas contre eux-mêmes. " La liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui " affirme la Déclaration des Droits de l’Homme. Le port du voile ou de plumes sur la tête, la consommation de porc, d’alcool ou d’alcaloïdes, un traitement médical, sont des choix qui ne sauraient nuire (éventuellement) qu'à ceux qui les ont faits, pas à autrui. Chacun de nous devrait pouvoir dire, en paraphrasant Voltaire : " Je n’approuve pas ce que vous sniffez, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le faire ".
Confondre le vice et le crime, la loi morale et le droit, est l’essence du fondamentalisme. Or, moralement, le fondamentalisme est indéfendable, il n’y a de morale que dans la liberté. Le paradoxe est que ce sont les dirigeants des démocraties occidentales qui se proclament les champions de la liberté et qui pratiquent en même temps le fondamentalisme le plus rétrograde en se voulant à la pointe du combat contre la drogue. Position idéologique difficile à tenir : Comment expliquer que chaque adulte ait le droit d’élire les dirigeants de la Cité, de se prononcer sur le niveau des impôts, la peine de mort, les lois scolaires..., c’est-à-dire comment expliquer que le citoyen possède assez de jugement pour voter comment les autres doivent vivre, mais n'en aurait pas assez pour décider comment vivre lui-même ?

De quelle contrebande parlons-nous ?
Alors si la répression ne répond pas à des raisons économiques, sociales et morales, si elle n’a aucune chance de triompher du mal qu’elle prétend combattre, pourquoi la continuer ? Je vous propose deux réponses. La première est celle-ci : Et si c’était la répression elle-même qui était le but recherché ? Si la lutte contre la drogue n'était qu'un prétexte ? Si le véritable enjeu était non pas d’éradiquer la drogue, mais de trouver un moyen de faire accepter aux populations les plus jalouses de leurs libertés les lois les plus liberticides ? La grande opération de contrebande à laquelle la drogue donnerait lieu serait de faire passer sans les déclarer les mesures policières du temps de guerre.
On ne fiche plus les gauchistes, mais comme on ne peut pas s’empêcher d’espionner les citoyens, on fiche ceux que l’on suspecte d’intelligence avec les trafiquants. Les citoyens n’aiment pas qu’on puisse écouter leurs conversations téléphoniques, et il n’y a plus de guerre froide pour le justifier, alors on prétexte la " guerre à la drogue ". C’est en raison de cette prétendue " guerre " que les gouvernements cherchent à interdire le cryptage de la correspondance sur Internet. Lorsqu’il s’est agi de supprimer les contrôles frontaliers au sein de l’Union Européenne, c’est bien en invoquant le danger de contrebande de drogue que les douaniers ont écarté cette menace à leur emploi. C’est toujours en raison de cette " guerre " si opportune contre les narco-trafiquants qu’on autorise les policiers à procéder à des gardes à vue arbitraires et des confiscations de biens sans jugement.
Certes, il ne s'agit pas d'un vaste complot contre la liberté ourdi par les gouvernements du monde. Ce n'est pas ainsi que les démocraties fonctionnent. Il faut dans nos pays que convergent de multiples intérêts corporatistes pour faire accepter une politique fondamentaliste de cette ampleur, véritable choix de société. Or, il se trouve que beaucoup de professionnels de la répression, tout en déplorant peut-être sincèrement le sort des drogués, seraient bien en peine de trouver un autre métier que celui de les persécuter. La justice a besoin de délinquants (que les policiers appellent avec raison leurs " clients "). C’est pourquoi la répression de la drogue arrange bien des intérêts. Il ne faut pas croire que les commis de l’État, parce qu’ils apparaissent moins motivés que d’autres par l’argent, n’ont pas d’intérêt personnel. Bien sûr qu’ils ont le souci de leur carrière, de l’importance de leur personne aux yeux d’autrui, et c’est normal. Bien sûr qu’ils cherchent une gratification dans leur métier, mais ils la trouvent malheureusement dans la plus pernicieuse de toutes les passions, l’exercice du pouvoir sur autrui.
Un paysan se bat pour vendre son lait plus cher, un libraire pour vendre plus de livres; vous trouvez cela normal. Dans la même logique de leur intérêt personnel, les policiers réclament une répression toujours plus sévère, qui gonfle leur importance sociale et leur budget. Les procureurs trouvent dans cette répression l’occasion de promotions et de célébrité. Les politiciens se flattent à la télévision de défendre la jeunesse et la santé morale du pays. Profitant de l’aubaine, les fonctionnaires du fisc obtiennent la levée du secret bancaire, les douaniers procèdent à des perquisitions sans mandat. Pour ces petits et grands serviteurs de l’État, protéger leur sinécure, affirmer leur pouvoir, mener une grande croisade médiatisée mondialement, sont des motivations fortes. Entre-temps, les drogués meurent et les trafiquants prospèrent.
Alors on comprend que la plus grande vertu de la répression est son inutilité. Parce qu’elle ne parviendra jamais à son but, la répression garantit la pérennité des bureaucraties qui l’exercent.

La nouvelle Inquisition
Mais il existe une autre explication. Un tel acharnement, la mise en œuvre de tant de moyens, ne peuvent pas être la seule expression d’intérêts corporatistes. Très peu d’êtres humains sont capables d’agressions répétées et systématiques contre des innocents dans le seul but de servir un plan de carrière. Il faut au persécuteur une croyance, il faut à ses procureurs, ses gendarmes, ses délateurs, la certitude de servir une cause supérieure qui les déresponsabilise de la violence qu’ils exercent et en justifie même par avance les excès.
Je dis que dans le cas de la drogue, cette justification est d’ordre religieux. Je crois qu’on ne peut pas expliquer la persécution des drogués si on ne fait pas appel à la notion de persécution religieuse.
Je m’explique. Toutes les sociétés connaissent des interdits alimentaires, par exemple, l’alcool et la viande de porc pour les musulmans, la viande de boeuf pour les hindouistes, d’innombrables produits pour les juifs... Ce n’est pas parce que ces produits sont dangereux pour la santé qu’ils sont interdits. Les grecs et les romains, sous le même climat qu’Israël, mangeaient tout ce dont les juifs se privaient. Le but de ces interdits est d’ordre symbolique. Il manifeste, entre autres, l’appartenance à un peuple. Le tabou alimentaire oblige chaque musulman devant ses hôtes à se déclarer membre de ce peuple du Coran, à qui il n’est pas permis de manger du porc. Notre peuple est celui de la technique, de la rationalité triomphante, et il ne nous est pas permis de consommer les produits qui pourraient altérer cette capacité de raisonner. Toute drogue qui modifie les états de conscience représente un sacrilège à l’encontre du culte de la Rationalité.
Mais il y a ici un paradoxe. La rationalité et le progrès technique sont les seules valeurs que nos sociétés modernes peuvent opposer à la culture de la drogue. La technique nous a permis de faire fructifier les disponibilités de la nature, de transformer la matière (pour le meilleur et pour le pire), elle nous a permis de modifier les processus infectieux, physiologiques, cellulaires, du corps humain, et elle nous permet aussi de modifier les états de conscience.
Puisque cette innovation est possible, elle aura lieu, il n’y a rien que les gardiens de l’ordre moral puissent faire contre le besoin de notre société d’expérimenter. Ils ne pourront pas interdire aux gens d’aller plus loin dans l’exploration du potentiel humain : exploration du potentiel physique à travers le sport et la médecine ; du potentiel créatif à travers les affaires, l’art, la science ; et exploration du potentiel de notre conscience par l’ascèse, la transe, et l’usage des drogues.
La persécution des drogués est le fait de ceux qui s’opposent au progrès, tout simplement. L’obscurantisme a changé de camp. Le dogme officiel, l’idéologie au pouvoir, n’est plus celle de la Curie romaine, elle est celle des scientistes. Les blouses blanches ont remplacé les soutanes. Les scientistes ont cru qu’ils pouvaient modéliser les choix, les aspirations, les sentiments des êtres humains, et qu’ils pouvaient planifier la vie en planifiant l’économie. Le drogué vient soudain nous rappeler qu’il existe d’autres valeurs qui échappent à toute comptabilité, d’autres valeurs que celles de la rationalité, même si ce ne sont pas ces valeurs-là que vous et moi voulons pour nous-mêmes.
L’autre paradoxe est qu’avec ces prétendus défenseurs de la rationalité, tout débat rationnel sur la drogue est impossible. Pour paraphraser Timothy Leary, on peut dire que " les drogues sont des substances qui provoquent des comportements irrationnels et délirants chez ceux qui n’en prennent jamais ". Nous sommes bien ici dans le domaine de la croyance. Nous avons ici l’évidence que cette persécution est d’ordre religieux. Expliquer à un procureur genevois ou new-yorkais qu’il peut y avoir du plaisir à fumer un joint est tout aussi inutile (et dangereux) que de vanter à un ayatollah les mérites d’un vieux bordeaux. Cela dit, pourquoi pas ? Je n’ai pas de problème avec cette absence de dialogue. Nous n’avons pas besoin de débattre de nos convictions religieuses, il suffit que nous ayons le droit de les pratiquer. Nous n’avons pas besoin de convaincre autrui des bienfaits de la cocaïne ou du vin, il suffit qu’autrui nous les laisse consommer. Ce qui est à ouvrir dans notre société n’est pas un débat sur la drogue, mais sur le Droit. La seule question à se poser à propos de la drogue est de savoir si un être humain, adulte, citoyen, électeur, a le droit d’ingérer une substance qui lui plaît, en pleine connaissance de cause, sans menacer autrui.

En manque de liberté
Ce que révèle cette question de la drogue est combien notre société est en manque - en manque de liberté. Pourtant je suis sûr que la légalisation complète de la drogue est aussi inéluctable à terme qu’elle est difficile à imaginer aujourd’hui. Je dis que dans 20 ans nos enfants seront effarés d’apprendre que nous avons persécuté les drogués, exactement comme nous avons du mal, nous, à imaginer que nos parents ont emprisonné des homosexuels et des brasseurs de bière, et que nos ancêtres ont brûlé des hérétiques et des sorcières.
Alors laissez-moi formuler un vœu pour terminer. J’espère qu’un jour notre société cessera de persécuter ceux qui souhaitent vivre différemment sans forcer les autres à les suivre. J’espère qu’elle cessera de persécuter ceux qui explorent d’autres modes de vie où nous n’osons pas nous engager - en d’autres termes, je souhaite que les guerres de religion ne soient pas une fatalité.